27 juin 2007
Au fil de mes lectures...Mani !

J'aimerais partager avec vous quleques lignes de mes lectures...Il s'agit du roman d'Amin Maalouf, « Les Jardins de lumière »...
Les jardins de Lumière, c'est l'histoire de Mani, un personnage oublié, mais dont le nom est encore, paradoxalement, sur toutes les lèvres. Lorsqu'on parle de "manichéen", de "manichéisme", on songe rarement à cet homme de Mésopotamie, peintre, médecin et prophète, qui proposait, au IIIe siècle de notre ère, une nouvelle vision du monde, profondément humaniste, et si audacieuse qu'elle allait faire l'objet d'une persécution inlassable de la part de toutes les religions et de tous les empires. Pourquoi un tel acharnement ? Quelles barrières sacrées Mani avait-il bousculées ? Quels interdits avait-il, pour faire retenir un cri à travers le monde. Plus que jamais, en cette époque déroutante qui est la nôtre, son cri mérite d'être entendu. Et son visage redécouvert.
C'est à Mani que ce livre est dédié, c'est sa vie qu'il raconte. Sa vie, ou ce qu'on peut en deviner encore après tant de siècles de mensonge et d'oubli.
Et c'est, avant tous,au Mani des temps modernes, mon chér ami PofPof (http://pofpofworld.blogspot.com/), que je dédie ce passage...et bien sur à celles et ceux qui le liront !
La scène se passe au palais du « roi des rois », shabuhr, le nouveau maitre de l'Empire Sassanide...Ce dérnier donne à Mani une chance pour se défendre contre les accusations portées à son encontre par le mage Kirdir.
Pages 147, 148 et 149:
« Oui les Nazaréens sont outrés par ces mariages qu'ils appellent incestueux. Pourtant, il est écrit dans leur Bible que Dieu a crée le premier homme et la première femme, et qu'à partir d'eux seuls la Terre a été peuplée. Il a donc bien fallu que les enfants de ce premier couple s'unissent entre eux ! L'humanité entière est issue de mariages incestieux. Les tenants de l'Avesta pourraient donc à leur tour railler les tenants de la Bible. Mais pourquoi ces querelles, ces imprécations, ces railleries? Chaque peuple a des coutumes qui se sont inscrites dans ses lois et qu'il attribue à la volonté divine. Celle-ci serait-elle différente pour chaque peuple? La vérité est que nous ne savons rien de la volonté divine, nous ne savons rien de la divinité, ni son nom, ni son apparence, ni ses qualités. Les hommes donnent à Dieu des noms innombrables, ils sont tous vrai, et aussi tous faux. S'Il avait un nom, il ne pourrait s'écrire avec nos mots, ni etre prononcé par nos bouches. On dit qu'Il est riche et puissant? Richesse et puissance ne sont des qualités qu'à l'échelle des hommes, elles ne signifient rien à l'échelle de Dieu. On Lui attribue aussi des désirs, des craintes, des irritations et des humeurs, certains Le disent jaloux d'une statue, offensé d'un geste, préocupé de notre façon de parler, d'éternuer, de nous vétir ou de nous dévétir. Moi, Mani, je suis venu apporter un message nouveau à tous les peuples. Je me suis adressé en premier aux Nazaréens parmi lesquels j'ai passé mon enfance et ma jeunesse. Je leur ai dit: écoutez la parole de Jésus, c'est un sage et un pur, mais écoutez aussi l'enseignement de Zoroastre, sachez trouver la Lumière qui a rayonné en lui avant tous les autres, lorsque le monde entier baignait dans l'ignorance et la superstition. Si mon espoir prévalait un jour, ce serait la fin des haines.
« Je tourne donc mon regard vers le mage Kirdir, et je lui dis avec le respect qui lui est du: tu as su décrire le mal qui menace l'Empire, et moi, j'ai prescrit le remède. Tu as parlé comme un patient, j'ai parlé comme un médecin.
- Cet homme est habile à endormir nos méfiances, dit le mage. Mais il n'a toujours pas avoué de quelle religion il se réclame.
- Je me réclame de toutes les religions et d'aucune. On a appris aux hommes qu'ils devaient appartenir à une croyance comme on appartient à une race ou à une tribu. Et moi je leur dis: on vous a menti. En chaque croyance, en chaque idée, sachez trouver la substance lumineuse et écarter les épulchures. Celui qui suivra ma voie pourra invoquer AhuraMazda et Mithra et le Christ et le Bouddha. Dans les temples que j'élèverai chacun viendra avec ses prières.
« Je respecte toutes les croyances, et c'est bien cela mon crime aux yeux de tous. Les chrétiens n'écoutent pas le bien que je dis du Nazaréen, ils me reprochent de ne pas dire du mal des juifs et de Zoroastre. Les mages ne m'entendent pas lorsque je fais l'éloge de leur prophète, ils veulent m'entendre maudire le Christ et le Bouddha. Car lorsqu'ils rassemblent le troupeau des fidèles, ce n'est pas autour de l'amour mais de la haine, c'est seulement face aux autres qu'ils se retrouvent solidaires. Ils ne se reconnaissent frères que dans les interdits et les anathèmes. Et moi, Mani, loin d'étre l'ami de tous, je me retrouverai bientôt l'ennemie de tous. Mon crime est de vouloir les concilier. Je le paierai. Car ils s'uniront pour me damner. Pourtant, lorseque les hommes se seront lassés et des rites et des mythes et des malédictions, ils se rappelleront qu'un jour, au temps ou régnait le grand Shabuhr, un humble mortel a fait retentir un cri à travers le monde.
Le souverain était intrigué.
- La religion que tu voudrais propager aurait-elle des temples et des mages?
- Elle aura des lieux de culte et des Elus. Ils se consacreront à la prière et à l'enseignement, à l'art et à l'écriture, à l'exercice de la justice, comme le font les mages d'aujourd'hui. A la condition cependant qu'ils renoncent à désirer fortune, gloire ou pouvoir.
... »
...Pour finir:
En plus de ce qui se trouve dans le passage ci-dessus, il y'a une autre ressemblance entre Mani et PofPof, cette fois-ci anecdotique, c'est le fait qu'ils aiment tous les deux les pastèques !!!
« Il (Mani) aimait particulièrement les pastèques et, si on lui en demandait la raison, il expliquait qu'en aucun autre aliment ne se concentrait autant de lumière: « Observez la pastèque, vos yeux se réjouissent de sa couleur, votre nez de son parfum discret, votre main caresse sa peau ferme et lisse, vous n'avez pas besoin de boire en meme temps, car son eau est en elle, vous n'avez pas à la caler dans une assiette, puisqu'elle murit et s'offre dans son propre récipient. Commencez par les extrémités, puis rapprochez-vous du coeur, et chaque bouchée vous rapprochera des Jardins de Lumière ».
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20 juin 2007
La Paix, une idée à construire..ensemble #6
Comment vivre sans avoir Israël pour ennemi ?
Je vous propose maintenant un article qui a le mérite de poser des questions qui dérrangent...des questions très pertineante à mon avis...des questions qui ouvrent d'autres pistes de réflexion souvent négligées...
j'aimerais juste rappeler (parce que j'ai eu quelques commentaires dans ce sens), que ce que je publie ici( sauf si signé Sapere Aude!) n'engage que son propre auteur.Et je ne suis ni totalement d'accord ni totalement en désaccord, sauf lorseque je le précise en introduction... La logique d'adhésion, n'est pas la mienne dans ce blog.
Voilà donc, un article de Abdel Rahman Al-Rached , publié hier, 19 juin 2007 au journal Asharq al-Awsat
Bonne lecture ...et à vos claviers!
Comment vivre sans avoir Israël pour ennemi ?
Abdel Rahman Al-Rached
الثلاثاء 19 حزيران (يونيو) 2007
La plupart des régimes arabes s’abritent derrière la cause sacrée de la libération de la Palestine pour masquer leurs incapacités et leurs crimes. Autant dire qu’une éventuelle résolution du conflit serait pour eux catastrophique.
J’ai proposé un jour, lors d’un congrès, que la discussion porte sur un sujet imaginaire : à quoi ressemblerait le monde arabe en 2010 si le conflit israélo-arabe rencontrait d’ici là une solution satisfaisante pour les Palestiniens ? L’idée ne souleva pas d’enthousiasme, et pour cause : imaginer une telle situation était quasi impossible. Comment une communauté de pays habituée à vivre depuis soixante-dix ans avec la conviction qu’elle a un ennemi précis et une cause unique à défendre [la cause palestinienne] peut-elle envisager autre chose ? A dire vrai, je commence à douter que cette région puisse un jour vivre sans avoir un ennemi. Celui-ci s’avère indispensable, ne serait-ce que pour focaliser l’attention et détourner l’opinion publique des affaires locales et régionales. L’ennemi israélien a constamment servi d’exutoire factice pour les régimes arabes et les organisations, tout comme la libération de la Palestine a été l’objectif déclaré, élevé au-dessus de tous les autres. Que de crimes commis dans ces pays au nom d’Israël et de la Palestine ! Une vie civile naufragée, des régimes aux prérogatives élargies, renouvelés dans l’exercice du pouvoir, des droits civiques violés et des guerres déclarées !
L’acharnement des Arabes à cultiver l’hostilité
C’est au nom de la Palestine que Saddam Hussein a envahi le Koweït, que la situation intérieure en Jordanie et au Liban s’est détériorée, que la manifestation pour le pain à Sanaa [1998] a été réprimée, que l’état d’urgence a été maintenu [depuis 1963] en Syrie et que les discours des Etats arabes, du Bahrein au Maghreb, fleurissent d’exhortations enflammées à battre l’ennemi. Toutes les causes arabes se revendiquent de la cause palestinienne, jusqu’aux syndicats professionnels qui, en son nom, ont failli à leur mission ! Comment dès lors imaginer que ces institutions, qui tirent de la lutte contre l’ennemi leur raison d’être, leurs positions, leur pouvoir et leur éthique, soient capables de gérer un avenir dont l’ennemi serait absent ? Nous avons introduit l’hostilité au cœur de notre vie de sorte que celle-ci est devenue inconcevable sans elle. Nous l’avons érigée en institution à part entière sans laquelle il n’est point de survie – d’autant que l’ennemi est loin d’être fictif, Israël n’étant pas un Etat pacifique. Il occupe la terre d’un autre peuple au vu et au su du monde entier, au mépris du monde entier devrions-nous dire, sans compter qu’il profite lui-même de cet état de guerre entretenu avec les Arabes, qui lui vaut l’unanimité de l’opinion juive mondiale et le soutien de l’Occident. Qu’Israël tienne à entretenir le mythe de l’ennemi se justifie par la nécessité pour lui de garder les territoires qu’il a spoliés et par son besoin de continuer à bénéficier des 3 milliards de dollars annuels dont le gratifient les Etats-Unis ainsi que du soutien des Juifs du monde entier. Autant d’acquis réels qui le portent à agiter l’épouvantail de l’ennemi alors qu’il lui est tout à fait possible de signer un accord de paix et de restituer les territoires occupés, mettant fin à la crise en un seul jour au lieu de quarante ans. Ce qui paraît moins compréhensible, en revanche, c’est l’acharnement des Arabes à cultiver l’hostilité alors qu’en réalité, ils n’ont pas combattu pour libérer leur terre ni cherché une paix qui leur permette de la récupérer. Ils ont continué à vivre leur vie en prétendant faire la guerre à l’ennemi. Résultat de cette attitude : des territoires encore occupés, 1 million de personnes dans les camps et 2 millions de désespérés disséminés aux quatre coins du monde. Quarante ans après la défaite arabe de 1967 [guerre des Six-Jours], nous ne comprenons pas la logique de ceux qui refusent la paix et trouvons inadmissible de faire endosser à la “cause” ou à l’“ennemi” la responsabilité de tous nos maux.
Asharq al-Awsat
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19 juin 2007
Dès cet instant “tu” est un autre ! Mahmoud Darwich
Voilà un autre regard, "poétique", sur ce qui se passe à Gazza ces dérniers jours...
C'est signé Mahmoud Darwich, et publié au journal Al Ayyam le 17 juin 2007...
Un trés beau poème (comme à son habitude), trés parlant...intitulé أنت منذ الآن غيرك /Dès cet instant “tu” est un autre !
En Arabe , puis traduction en Français:
أنت منذ الآن غيرك!
"يوميـات"
محمود درويش
هل كان علينا أن نسقط من عُلُوّ شاهق، ونرى دمنا على أيدينا... لنُدْرك أننا لسنا ملائكة.. كما كنا نظن؟
***
وهل كان علينا أيضاً أن نكشف عن عوراتنا أمام الملأ، كي لا تبقى حقيقتنا عذراء؟
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كم كَذَبنا حين قلنا: نحن استثناء!
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أن تصدِّق نفسك أسوأُ من أن تكذب على غيرك!
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أن نكون ودودين مع مَنْ يكرهوننا، وقساةً مع مَنْ يحبّونَنا - تلك هي دُونيّة المُتعالي، وغطرسة الوضيع!
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أيها الماضي! لا تغيِّرنا... كلما ابتعدنا عنك!
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أيها المستقبل: لا تسألنا: مَنْ أنتم؟
وماذا تريدون مني؟ فنحن أيضاً لا نعرف.
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أَيها الحاضر! تحمَّلنا قليلاً، فلسنا سوى عابري سبيلٍ ثقلاءِ الظل!
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الهوية هي: ما نُورث لا ما نَرِث. ما نخترع لا ما نتذكر. الهوية هي فَسادُ المرآة التي يجب أن نكسرها كُلَّما أعجبتنا الصورة!
***
تَقَنَّع وتَشَجَّع، وقتل أمَّه.. لأنها هي ما تيسَّر له من الطرائد.. ولأنَّ جنديَّةً أوقفته وكشفتْ له عن نهديها قائلة: هل لأمِّك، مثلهما؟
***
لولا الحياء والظلام، لزرتُ غزة، دون أن أعرف الطريق إلى بيت أبي سفيان الجديد، ولا اسم النبي الجديد!
***
ولولا أن محمداً هو خاتم الأنبياء، لصار لكل عصابةٍ نبيّ، ولكل صحابيّ ميليشيا!
***
أعجبنا حزيران في ذكراه الأربعين: إن لم نجد مَنْ يهزمنا ثانيةً هزمنا أنفسنا بأيدينا لئلا ننسى!
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مهما نظرتَ في عينيّ.. فلن تجد نظرتي هناك. خَطَفَتْها فضيحة!
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قلبي ليس لي... ولا لأحد. لقد استقلَّ عني، دون أن يصبح حجراً.
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هل يعرفُ مَنْ يهتفُ على جثة ضحيّته - أخيه: >الله أكبر< أنه كافر إذ يرى الله على صورته هو: أصغرَ من كائنٍ بشريٍّ سويِّ التكوين؟
***
أخفى السجينُ، الطامحُ إلى وراثة السجن، ابتسامةَ النصر عن الكاميرا. لكنه لم يفلح في كبح السعادة السائلة من عينيه.
رُبَّما لأن النصّ المتعجِّل كان أَقوى من المُمثِّل.
***
ما حاجتنا للنرجس، ما دمنا فلسطينيين.
***
وما دمنا لا نعرف الفرق بين الجامع والجامعة، لأنهما من جذر لغوي واحد، فما حاجتنا للدولة... ما دامت هي والأيام إلى مصير واحد؟.
***
لافتة كبيرة على باب نادٍ ليليٍّ: نرحب بالفلسطينيين العائدين من المعركة. الدخول مجاناً! وخمرتنا... لا تُسْكِر!.
***
لا أستطيع الدفاع عن حقي في العمل، ماسحَ أحذيةٍ على الأرصفة.
لأن من حقّ زبائني أن يعتبروني لصَّ أحذية ـ هكذا قال لي أستاذ جامعة!.
***
>أنا والغريب على ابن عمِّي. وأنا وابن عمِّي على أَخي. وأَنا وشيخي عليَّ<. هذا هو الدرس الأول في التربية الوطنية الجديدة، في أقبية الظلام.
***
من يدخل الجنة أولاً؟ مَنْ مات برصاص العدو، أم مَنْ مات برصاص الأخ؟
بعض الفقهاء يقول: رُبَّ عَدُوٍّ لك ولدته أمّك!.
***
لا يغيظني الأصوليون، فهم مؤمنون على طريقتهم الخاصة. ولكن، يغيظني أنصارهم العلمانيون، وأَنصارهم الملحدون الذين لا يؤمنون إلاّ بدين وحيد: صورهم في التلفزيون!.
ü
سألني: هل يدافع حارس جائع عن دارٍ سافر صاحبها، لقضاء إجازته الصيفية في الريفيرا الفرنسية أو الايطالية.. لا فرق؟
قُلْتُ: لا يدافع!.
***
وسألني: هل أنا + أنا = اثنين؟
قلت: أنت وأنت أقلُّ من واحد!.
***
لا أَخجل من هويتي، فهي ما زالت قيد التأليف. ولكني أخجل من بعض ما جاء في مقدمة ابن خلدون.
***
أنت، منذ الآن، غيرك!
Traduction:
Dès cet instant “tu” est un autre !
Mahmoud Darwish
Nous fallait-il tomber de si haut et voir notre sang sur nos mains.. pour nous apercevoir que nous n’étions pas des anges.. comme nous le pensions ?
Et nous fallait-il aussi dévoiler nos tares en public, afin que notre vérité ne demeure plus vierge ?
Comme nous avons menti lorsque nous avons dit : nous sommes une exception !
Te prendre au sérieux est pire que de mentir aux autres !
Montrer de l’amabilité envers qui nous hait et de la dureté envers qui nous aime, témoigne de la servilité du vaniteux et de l’arrogance du misérable !
Ô passé ! Fais que nous ne changions pas… à mesure que nous nous éloignons de toi !
Ô futur : ne nous demande pas : Qui êtes-vous ? Et que voulez-vous de moi ? Nous non plus ne le savons pas.
Ô présent ! Témoigne-nous d’un peu d’indulgence, nous ne faisons que passer notre chemin, passants importuns !
L’identité c’est ce que nous laissons en héritage et non pas ce dont nous héritons, ce que nous inventons et non pas ce dont nous nous souvenons. L’identité c’est la perversité du miroir qu’il nous faut briser chaque fois que l’image reflétée nous séduit !
Il a mis son masque, rassemblé son courage, et a tué sa mère.. parce que c’est elle qu’il a pu trouver comme gibier.. et parce qu’une soldate l’avait arrêté, s’était dénudée les seins devant lui, et lui avait demandé : est-ce que ta mère en a de pareils ?
N’étaient la pudeur et les ténèbres, je me serais rendu à Gaza, sans être instruit ni du chemin qui mène à la demeure du nouvel Abu Sufiane* ni du nom du nouveau prophète !
Et si Muhammad n’était pas le Sceau des Prophètes, chaque bande aurait eu son prophète et chaque compagnon sa milice !
Juin nous a ravis en sa quarantième commémoration : si nous ne trouvons pas celui qui peut nous vaincre à nouveau, nous nous imposerons la défaite nous-même, de nos propres mains, afin de ne pas oublier !
Malgré ton assiduité à fouiller mes yeux.. tu n’y rencontreras pas mon regard. Il est l’otage d’un scandale !
Mon cœur n’est pas à moi… ni à personne. Il s’est détaché de moi, sans se changer en pierre.
Sait-il, celui qui proclame par-dessus la dépouille de sa victime-son frère : “Dieu est le plus grand”, sait-il qu’il est un mécréant parce qu’il se représente Dieu à son image à lui : plus petit qu’un être humain de constitution normale ?
Le prisonnier convoitant d’hériter de la prison a dissimulé le sourire de la victoire devant la caméra. Mais il n’a pas réussi à contenir la joie qui ruisselait de ses yeux. Peut-être parce que le texte impétueux était plus fort que l’acteur.
Quel besoin avons-nous des narcisses puisque nous sommes palestiniens ?
Et tant que nous ne savons pas différencier entre la mosquée (jâmi‘) et l’université (jâmi‘a), tous deux participant de la même racine linguistique, quel besoin avons-nous d’un Etat.. puisque celui-ci et le temps fuient vers un même destin ?
Une grande banderole à la porte d’une boîte de nuit : Bienvenue aux palestiniens de retour du front. L’entrée est gratuite ! et notre alcool ne saoûle pas.. !
Je ne peux défendre mon droit au travail comme cireur de chaussures sur le trottoir. Parce qu’il est du droit de mes clients de me prendre pour un voleur de chaussures – c’est ce que m’a dit un professeur d’université.. !
“Moi et l’étranger contre mon cousin. Et moi et mon cousin contre mon frère. Et moi et mon cheikh contre moi-même.”** Telle est la première leçon d’éducation civique, nouvelle version, dans les cachots enténébrés.
Qui entrera au paradis en premier ? Celui tué par les balles de l’ennemi ou celui qu’ont tué les balles d’un frère ? Certains jurisconsultes disent : Il est possible que tu trouves un ennemi en celui qui fut enfanté par ta mère.. !
Les fondamentalistes ne m’exaspèrent pas, ils sont croyants à leur manière. Ceux qui m’exaspèrent ce sont leurs partisans laïques, leurs partisans athées, dont la foi ne sacrifie qu’à un dieu unique : leur image à la télévision.. !
Il me demande : Un garde affamé se doit-il de défendre une maison dont le propriétaire est parti passer ses vacances d’été sur la Riviera française ou italienne.. peu importe laquelle ? Je dis : Non, il ne doit pas la défendre.. !
Et il me demande : Est-ce que moi + moi = deux ? Je dis : Toi et toi cela fait moins qu’un.. !
Je n’ai pas honte de mon identité, elle est encore en voie de création. Mais j’ai honte de certains extraits des Prolégomènes d’Ibn Khaldoun.
Dès cet instant, “tu” est un autre !
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18 juin 2007
La Paix, une idée à construire...ensemble! #5
Gaza : plus qu’une prison, un laboratoire pour un monde-forteresse.
Naomi Klein, The Nation, 14 juin 2007
Voilà un article fort interessant que j'aimerais partager avec vous, afin de continuer cette série de billets visant à comprendre ce qui se passe, de l'analyser, de dégager des pistes de réflexion, de voir les multiples facettes de ce monde, et pourquoi pas débattre et s'ouvrir sur des altérnatives à la cruauté et à la barbarie humaine.
Un article tiré du site de la Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien : http://www.protection-palestine.org/
Bonne lecture,,et à vos claviers!
Gaza : plus qu’une prison, un laboratoire pour un monde-forteresse.
Naomi Klein, The Nation,
publié le dimanche 17 juin 2007.
Gaza aux mains du Hamas, avec des militants masqués assis dans le fauteuil présidentiel ; la Cisjordanie instable, des camps militaires israéliens formés en hâte sur les hauteurs du Golan ; un satellite espion sur l’Iran et la Syrie ; la guerre avec le Hezbollah qui s’en faut d’un cheveu ; une classe politique percluse de scandales, ayant perdu toute confiance publique.
A première vue, ça ne va pas fort pour Israël. Mais il y a un mystère : pourquoi, au milieu d’un tel chaos et carnage, est-ce que l’économie israélienne progresse comme en 1999, avec une bourse qui grimpe et des taux de croissance à la chinoise ?
http://www.thenation.com/doc/20070702/klein
Gaza aux mains du Hamas, avec des militants masqués assis dans le fauteuil présidentiel ; la Cisjordanie instable, des camps militaires israéliens formés en hâte sur les hauteurs du Golan ; un satellite espion sur l’Iran et la Syrie ; la guerre avec le Hezbollah qui s’en faut d’un cheveu ; une classe politique percluse de scandales, ayant perdu toute confiance publique.
A première vue, ça ne va pas fort pour Israël. Mais il y a un mystère : pourquoi, au milieu d’un tel chaos et carnage, est-ce que l’économie israélienne progresse comme en 1999, avec une bourse qui grimpe et des taux de croissance à la chinoise ?
Thomas Friedman a récemment présenté sa théorie dans le New York Times. Israël « cultive et récompense l’imagination individuelle, » et ses habitants font sans cesse éclore des start-up high-tech ingénieuses – peu importent les dégâts causés par les politiciens. Après avoir examiné les projets de fin d’étude des étudiants en ingénierie et informatique à l’Université Ben Gourion, Friedman fit une de ses fameuses annonces déjantées : Israël « a découvert du pétrole ». Ce pétrole, apparemment, se situe dans les esprits des « jeunes innovateurs et entrepreneurs capitalistes, » israéliens, trop occupés à faire des méga-contrats avec Google pour s’arrêter à la politique.
Voici une autre théorie : L’économie israélienne ne surchauffe pas malgré le chaos politique qui fait les gros titres, mais grâce à lui. Cette phase de développement remonte au milieu des années 90, quand Israël – l’économie la plus dépendante de la technique dans le monde - était à l’avant-garde de la révolution de l’information. Après l’explosion de la bulle internet en 2000, l’économie d’Israël fut dévastée, connaissant sa pire année depuis 1953. Puis arriva le 11 septembre, et soudainement de nouvelles perspectives de profit apparurent pour toutes les compagnies prétendant qu’elles pouvaient localiser des terroristes dans les foules, rendre des frontières imperméables aux attaques, et extraire des aveux des prisonniers muets.
En trois ans, de vastes secteurs de l’économie technologique d’Israël ont été réorientés radicalement. En termes Friedmaniens : Israël est passé de l’invention d’outils pour le « monde plat » à la vente de barrières à une planète d’apartheid. Les entrepreneurs qui réussissent le mieux dans le pays sont nombreux à utiliser le statut d’Etat-forteresse d’Israël, entouré d’ennemis furieux, comme d’une sorte de hall d’exposition ouvert jour et nuit, un exemple vivant du savoir faire pour une sécurité relative au milieu d’une guerre perpétuelle. Et la raison de la super-croissance d’Israël, c’est que ces compagnies s’activent à exporter ce modèle dans le monde.
Habituellement, les discussions sur le commerce militaire d’Israël portent sur le flot d’armes vers le pays, les Caterpillars étasuniens qui servent à détruire les maisons en Cisjordanie et les compagnies britanniques qui fournissent des pièces de F16. On néglige l’énorme business d’exportation en pleine expansion. Israël envoie maintenant 1,2 milliards de dollars de produits de « défense » aux USA, comparés à seulement 270 millions en 1999. En 2006, Israël a exporté 3,4 milliards de dollars de produits de « défense », plus d’un milliard au dessus de ce qu’il a reçu en aide militaire US. Ceci fait d’Israël le 4eme marchand d’armes du monde, dépassant la Grande Bretagne.
Une grande part de cette croissance a été dans le secteur dit de “sécurité intérieure”. Avant le 11 septembre, la sécurité intérieure existait à peine en tant qu’industrie. A la fin de cette année, les exportations israéliennes du secteur atteindront 1,2 milliards de dollars, en augmentation de 20%. Les produits et service phares sont les barrières high-tech, les drones, les cartes d’identité biométriques et les systèmes d’interrogatoire des prisonniers – précisément des moyens et technologies qu’Israël a utilisés pour verrouiller les territoires occupés.
Et voila pourquoi le chaos, à Gaza et dans le reste de la région, ne menace pas le solde final à Tel Aviv, il peut même le relever. Israël a appris à faire d’une guerre sans fin un avantage de marque, et fait la promo du déracinement, de l’occupation et de l’enfermement des Palestiniens, comme d’une expérience d’un demi-siècle dans la « guerre globale contre le terrorisme. »
Ce n’est pas par hasard que les projets d’étudiants de l’Université Ben Gourion qui ont tant impressionné Friedman avaient des titres tels que « Matrice de covariance innovante pour la détection de cibles ponctuelles dans les images hyperspectrales » et « Algorithmes pour la détection et l’éviction d’obstacles. » Trente compagnies de sécurité intérieure ont été lancées en Israël rien que ces six derniers mois, grâce en grande partie à de généreuses subventions du gouvernement, qui ont transformé l’armée israélienne et les universités du pays en incubateurs pour les start-up de sécurité et d’armement (à garder en tête dans les débats sur le boycott universitaire).
La semaine prochaine, les mieux établies de ces compagnies viendront en Europe pour le Salon du Bourget, l’équivalent de la Semaine de la Mode pour l’industrie des armes. Une des compagnies israéliennes sera Suspect Detection Systems (SDS), qui présentera Cogito1002, un kiosque de sécurité blanc d’air futuriste qui demande aux voyageurs aériens de répondre à une série de questions générées par ordinateur, ajustées selon le pays d’origine, tandis qu’ils mettent leur main sur un senseur « biofeedback ». L’appareil lit les réactions corporelles aux questions et certaines réactions indiquent que le passager est « suspect ».
Comme des centaines d’autres start-up israéliennes, SDS se vante d’avoir été fondé par des anciens de la police secrète israélienne, et que ses produits ont été testés sur le terrain sur les Palestiniens. Non seulement la compagnie a testé ses terminaux biofeedback à un checkpoint de Cisjordanie, mais elle proclame que « le concept est soutenu et renforcé par la connaissance acquise et assimilée à partir de l’analyse de milliers de cas en relation avec les kamikazes en Israël. »
Une autre star du salon du Bourget sera Elbit, un géant de la défense israélienne, qui prévoit d’exhiber ses avions sans pilote Hermes 450 et 900. Pas plus tard qu’en mai, d’après les dépêches, Israël utilisait les drones dans des missions de bombardement à Gaza. Une fois testés dans les territoires occupés, ils sont exportés : l’Hermes a déjà été utilisé à la frontière Arizona-Mexique, les terminaux Cogito1002 sont expertisés dans un aéroport étasunien ; et Elbit, une des compagnies derrière la « barrière de sécurité » israélienne, est en partenariat avec Boeing pour construire la barrière frontalière « virtuelle » de 2,5 milliards de dollars du Department of Homeland Security, autour des Etats-Unis.
Depuis qu’Israël a commencé sa politique de fermeture des territoires occupés avec des checkpoints et des murs, les militants des droits de l’homme ont souvent comparé Gaza et la Cisjordanie à des prisons en plein air. Mais en étudiant l’explosion du secteur israélien de la sécurité intérieure, un sujet que j’explore plus en détail dans un livre à paraître (The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism), il me frappe qu’ils sont aussi autre chose : des laboratoires où les techniques terrifiantes de nos Etats sécuritaires sont testées sur le terrain. Les Palestiniens – qu’ils vivent en Cisjordanie ou dans ce que les politiciens israéliens appellent déjà le « Hamasistan » - ne sont plus seulement des cibles. Ce sont des cobayes.
Aussi, dans un sens, Friedman a raison : Israël a atteint le pétrole. Mais le pétrole n’est pas dans l’imagination de ses jeunes pousses. Le pétrole est dans la guerre contre le terrorisme, dans l’état de peur constante qui créée une demande globale sans limite d’appareils pour observer, écouter, contenir et viser des « suspects ». Et, ainsi qu’il s’avère, la peur est la dernière matière première renouvelable.
Traduction : JPB
Naomi Klein a écrit de nombreux livres, son plus récent, “The Shock Doctrine : The Rise of Disaster Capitalism », paraîtra en septembre.
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